Rêve éveillé, éveil dans le rêve.
Réveillez-vous si vous le pouvez...
Ecrite le 10 Juin 2007

En ce jour printanier, Hamid se faisait décoré dans son ancienne école, dix ans après l’obtention de son diplôme en physique nucléaire. La foule était fascinée en assistant à la remise des prix pour les anciens élèves parmi les plus glorieux que l’école polytechnique a compté dans son cursus. Cette fois encore, Hamid fut gratifié et se vit attribué l’insigne de lauréat, il était la fierté de sa génération, une poignée de personnes qui ont contribué à la gloire de la ville. Hamid, ce dévoué et engagé homme se faisait respecté même par les aliénés à croire qu’il fut descendant d’une dynastie ou encore d’une prophétie. Chaque année l’école organise des amicales pour réunir les ex brillants élèves, et à chaque fois le nom de Hamid fut mentionné au marqueur en tête de liste. Personne ne pouvait se permettre de contredire la décision de la commission. De plus de ses facultés mentales supérieures, Hamid était simple, si modeste et très convoité par tous les gens qu’ils avaient côtoyés ou même simplement avoir entendu parlé. Dans le discours d’ouverture de la cérémonie, le maire prêcha quelques phrases avant de se sentir obligé de passer la parole à notre éternel génie pour le petit speech d’honneur. Les mots étaient soigneusement articulés telle une symphonie magistrale ou une série de notes musicales qui procuraient à la présence un plaisir auditif inouï, c’était semblable au chant angélique envahissant les cieux se répétant aussi admirablement et qu’on ne peut s’abstenir d’écouter sans lasse mais sans pour autant le mémoriser…se fut un grand appétit qu’on ne pouvait satisfaire.
Hamid par son comportement unique et exemplaire devint si populaire que même le maire craignait pour sa place si Hamid venait à se reconvertir en politique.
Lors de la cérémonie plusieurs lauréats se sont vus décorés, mais l’intérêt que porta le conseil scientifique à notre Hamid fut inégalé, le prix du mérite lui fut attribué, une fois de plus il fut sans rivale et incontestablement le lauréat de l’année par enchantement.
Parmi les présents se trouvaient les parents de Hamid, son épouse et ses trois enfants. Hamid fut le leitmotiv de succès, il réussissait tout qu’il faisait, c’était magique, tout ce qu’il touchait ou même effleurait avec son regard se transforma en merveille. Les gens se bousculaient pour nouer des relations avec lui ou juste lui parler pour profiter de sa bénédiction et jouir des conséquences. Le mot échec n’appartenait pas à son vocabulaire, avec son esprit belliqueux il emporta toutes les batailles et les guerres, et ce même avant d’ y avoir participé. Certains esprits faibles armés de foi fragile, considéraient ses paroles comme prédictions et venaient le consulter à chaque fois qu’ils envisagèrent d’entamer des actions guidées pas des choix, ils le prenaient pour un medium ou encore un élu du ciel, ainsi ses dons ne sont pas le fruit du hasard bien au contraire, ça traduisait une certaine forme de prophétie.
Hamid occupait le poste d’enseignant chercheur à l’université de la ville. Les nouveaux inscrits optèrent d’office et parfois sans réelles convictions pour les branches techniques, ils voulaient étudier les sciences physiques pour assister à ses cours, ils rêvaient de devenir comme lui, ils espéraient inhaler de son grand savoir, ainsi acquérir le titre d’être l’élève de ce grand maître incontesté.
La maison qui abritait la famille de Hamid fut construite de briques et de marbre blanc très fin à croire que c’était du cristal. Les façades été faites à la pierre taillée introuvable sur le marché local, importée de l’orient. C’était un domaine de verdure au milieu duquel un petit château fut bâti en plein centre-ville. La famille de Hamid été composée de sa femme, de deux filles et d’un garçon. La jeune épouse, très belle, elle obtint plusieurs fois titre de « Miss beauté », elle enseignait dans la même université que son mari, elle était issue d’une famille notable voir très riche qui possédait la moitié des terres sur lesquelles la ville été construite. Quand aux enfants, ils étaient aussi remarquables, les filles d’une classe majestueuse étaient les premières de leurs classes respectives, et admirablement les pièces maîtresses de l’orchestre philharmonique de la ville, deux petites divas de piano et de violoncelle, sans compter les dénombrables talents dont elles disposaient. Néanmoins comparées à leur jeune frère, elles ne valaient pas grand-chose. Mehdi, un jeune prodige pratiquant simultanément quatre sports, il était champion d’échecs, de natation, de judo et de tennis… plus des prouesses en peinture, en musique et en poésie, il était polyglotte et par-dessus tout il était ambidextre, très habile des deux mains et s’il le voulait il pouvait dessiner du pied…
La famille vivait dans la prospérité et la gloire, elle raflait tous les trophées dans les compétitions et ne laissait la moindre chance de victoire aux autres participants qui furent découragés à l’avance et leur inscription aux concours ressemblait plus à une simple participation, ils n’étaient pas compétitifs et moins encore ils n’osaient rivaliser avec cette étonnante famille qui avait plus que tout pour reporter toutes les médailles et les coupes.
La famille était comme enveloppée par un champs qui la protégeait de tout et de rien, elle n’avait jamais souffert de maladies et aucun médecin auparavant ne l’a ausculté, avec une santé irréprochable sûrement dû à une nourriture équilibrée et très variée et au régime presque parfait que les membres de cette famille suivaient. Hamid le chef ne laissait rien au hasard, un jour il décida de prendre sa vie en main, il réussit à tout faire, il était organisé et synchronisé au détail prés, tout ce qu’il voulait l’avait, il avait suffit de la désirer. Parfois il faisait même preuve de psychokinésie, il déplaça les objets par simple concentration, une force psychique qu’il développa en pratiquant chaque matin dans son jardin la lévitation.
Etre un chat est un privilège si le maître s’appelle Hamid, en plus des avantages octroyés à ces animaux domestiques, ils pouvaient prétendre à d’autres caprices hors du commun. Le chat se lança dans une poursuite diurne, il tenta de chasser quelques oiseaux qui vinrent se reposer sur le toit… Le chat emberlificotait les petites créatures volantes, à un moment il se prit pour le futé prédateur. Malheureusement il glissa à défaut de ne pouvoir compter sur ses griffes rétractiles bien soignés et tomba en chute libre dans le vide pour aller se crasher sur le sol sous le regard de Hamid. La scène aussi violente qu’elle le paraissait n’alluma personne, au lieu que ledit chat s’écrase et meurt dans le choc, il rebondit sur la pelouse, elle fut flexible à un tel point que l’animal se montra favorable au jeu de trampoline. Aucun souci à ce faire, tant que Hamid est présent rien de dangereux ou regrettable ne peut se produire. Autrefois, par mégarde, le fils ingurgita de l’acide sulfurique qui se trouvait sur la table de cuisine, l’acide perdit sa fonction et se transforma en solution inoffensive au goût de fraise !.
Le veille du mois de ramadhan, pendant que Hamid faisait le marché en quête de légumes frais, un vendeur attira son attention. Ce dernier rongeait soigneusement les fruits et légumes frais de bonnes tailles au premier rang dans les casiers en bois et dissimulait les moins frais en arrière plan… C’était de la pure arnaque, à l’avènement du mois de jeun, les vendeurs ou marchands profitent de la situation en haussant les prix et escroquent les pauvres acheteurs parmi les gens les plus démunis, ils exposent les produits de qualité mais ils finissent presque toujours par duper la clientèle en leur vendant le fond des cageots. Par la suite ces pratiques deviennent une tradition à savoir l’exploitation des pauvres citoyens de plus en plus victimes des comportements indignes de ces non musulmans. Les suceurs de sans humain persistent et se multiplient tels des virus, ils provoquent des dommages profonds dans les portefeuilles des gens simples qui se trouvent une fois de plus coincés entre le marteau de la cherté de la vie quotidienne et l’enclume de la baisse du pouvoir d’achat.
L’hostilité de la scène au marché, ne put laisser Hamid indifférent, lui qui est juste et loyal se devait de réagir, il avait à stopper ces êtres répugnants moitié homme moitié vampire. Soudain une haine le traversa, ses yeux s’enflammèrent de stupeur, son visage enluminé fut glacé et figé, il claqua des dents en maintenant sa mâchoire bien serrée et s’écria : « Sois maudit impitoyable et misérable être des ténèbres, je veux que tu crèves avant même que mes mains n’atteignent ta sale carcasse de vieux crapaud, je ne veux pas me salir de ta crasse, crèves minable… »
N’ayant pas le temps de terminer son châtiment que le damné marchand se vit comme possédé ou encore atteint de mauvais sortilège, il fut étouffé à ne plus pouvoir respirer et d’un seul coup il s’enflamma…, se fut un mystère car il n’y avait aucune trace de feu à proximité. En dépit de cette réalité, le marchand fut calciné et carbonisé. La foule assista à la genèse de ce drame sans pouvoir intervenir pour essayer d’épargner le damné bonhomme. Personne ne voulait vraiment interrompre le feu pendant qu’il rendait justice, tout et chacun se sentit vengé et soulagé d’une certaine manière malgré l’atrocité et l’horreur de l’acte. Quelques voies basses chuchotaient çà et là en répétant : « bien fait pour lui, il servira d’exemple pour les autres… ».
Certains vendeurs pris de panique prirent la fuite en abandonnant leurs marchandises, alors que d’autres se virent contraints à l’instant même de réviser à la baisse les prix affichés.
L’histoire du vendeur foudroyé fit ravage au milieu des citoyens de la ville, Hamid devint un héro national, le défendeur des faibles, le justicier tant attendu pour faire triompher l’équité, ainsi il gagna la révérence des sujets… Cependant, les plus croyants virent en lui le charlatan, un être maléfique alors d’autres le prirent pour l’être divin qui eut comme mission faire prévaloir le bien sur le mal… dans la ville se fut la congestion totale. Les Citoyens furent atteints de confusion, de plus en plus ils assistèrent à des scènes miraculeuses stipulant prophétie mais en même temps ils ne purent écarter le fait de se trouver devant un imposteur de première classe qui se prend tout simplement pour Dieu.
La maison de Hamid fut transformée et réaménagée en « Zaouïa » ou précisément un lieu de culte et de sacrifice. Chaque jour des visiteurs plutôt pèlerins venaient implorer pardon et clémence. Ceux parmi les plus faible de foi apportaient leurs proches malades en guise de guérison. Devant la maison se fut le déluge, les autorités décidèrent de poster des agents de sécurité pour protéger les occupants de craintes de les voir brutaliser par convoitise par des pèlerins.
Que pouvait Hamid demander de plus ?, Il était si chanceux et généreusement gâté par le destin, il était riche, beau, intelligent, vénéré par tous y compris les animaux qui venaient à leur tour chez lui se plaindre d’un mauvais traitement occasionnée par leurs maîtres. Pour Hamid la vie ne valait plus grand-chose, il perdit sa saveur, il pouvait s’approprier la lune s’il le désirait, tout devint accessible et à sa portée, ses désirs furent exaucés instantanément avant même d’être exprimés, des milliers de disciples se lancèrent à satisfaire ses fantasmes, et ce, même en payant de leur propre corps et âmes.
Quelques jours passèrent, des malfaiteurs commandités par les gens de l’ombre kidnappèrent le fils de Hamid, il devint de plus en plus important, il fut un leadership autour duquel un population de sujets fut tissée, ainsi pour certains il symbolisa un mythe vivant et menaçait les intérêts des gens du pouvoir.
Le seul moyen pour l’anéantir et le faire renoncer à ce règne fut le chantage, ainsi et pour le punir son enfant fut enterré vivant. Cette fois le petit garçon frôla la mort, il fut retrouvé par les autorités et miraculeusement déterré pour ensuite se voir réanimé. Le père fut réconforté par les retrouvailles, néanmoins, il était sûr du retour de son enfant et en aucun moment il ne fut vraiment inquiet, bien au contraire il fut rassuré. Le garçon sombrait dans un état comateux, mais par le simple geste du père, en appliquant ses mains sur la poitrine, l’enfant ressuscita.
Ce jour là, un miracle se produisit, apparemment notre Hamid devint un être d’une suprématie divine, il était irréprochable, invincible et d’une prouesse inégalée, il incarnait la beauté et la force d’une créature surnaturelle.
Pendant ce moment d’extase, après que tout rentra dans l’ordre et que l’enfant fut sauvé, Hamid se livra à un petit vole au dessus de la ville, il survola les espaces verts pour atterrir dans un foret située pas très loin de la ville. Cette manœuvre fut entreprise en l’honneur de l’enfant rétabli et une manière de jouir de cet accomplissement. Soudain Hamid se réveilla… Et oui ce n’est qu’un rêve !
Le rêve est considéré comme une réalisation des désirs, ces derniers étant en fermentation dans notre inconscient, le rêve est comme un lieu où les désirs honteux, réprimés le jour, se trémoussent pour assouvir leurs penchants. Selon Freud[1] l’interprétation du rêve est la voie royale qui mène à l’inconscient. Ainsi le rêve serait une fenêtre sur l’inconscient permettant au rêveur de procéder à son interprétation. Le rêve serait aussi une sorte de soupape de sécurité permettant à l’inconscient de s’exprimer sans perturber l’équilibre psychique de l’individu. Pour Jung[2] les rêves sont aussi une porte ouverte sur l’inconscient avec comme principale fonction la contribution à l’équilibre psychique.
Dans un rêve, l’aspect caché, inconscient d’un concept peut-être mis en images. La psyché de l’homme est constituée de parties conscientes et d’autres inconscientes, ces derniers s’expriment pendant les rêves, pour sauvegarder la stabilité mentale et même psychologique il faut que la conscience et l’inconscient soient intégralement reliés afin d’évoluer parallèlement. Certains rêves comportent des images que le rêveur ne peut pas relier à sa vie, qui ne lui disent rien, d’après Jung il s’agit d’images du conscient collectif. Selon d’autres psychologues, le moi qui rêve n’est pas le même que le moi éveillé, il existe entre les deux une relation de gémellité, ils sont les ombres l’un de l’autre. Le moi qui rêve c’est à dire imaginal se mêle aux images du rêve et sait qu’elles ne lui appartiennent pas. Le moi est lui aussi une image, une figure complètement subjective, un fantôme, une ombre vidée du « je » qui s’abandonne au sommeil.
Le sommeil est constitué de plusieurs cycles de différentes phases, ainsi on peut comprendre dans quelle période de la nuit interviennent les rêves. Les phases se succèdent et se répètent tout le long de la nuit. En général c’est pendant le sommeil paradoxal ou sommeil profond que les rêves apparaissent mais aussi il peut arriver dans certains cas des rêves pendant le sommeil léger qui sont moins riches en détails, ces rêves contiennent moins d’éléments de mouvement, moins d’éléments émotionnels et moins de couleur par rapport aux autres rêves. Un individu normal peut rêver jusqu’à 100 minutes par nuit, cela dit, ces minutes peuvent paraître interminables à égaler le temps de toute une vie.
Parfois il est possible de maîtriser le contenu de ces rêves, c’est ce qu’on appelle le rêve lucide : rêver en ayant conscience d’être entrain de rêver. Ces rêves lucides ont longtemps été l’objet de polémique, ils sont définis comme un état mélangé, un chevauchement entre le sommeil paradoxal et des processus activés correspondant à l’éveil.
Les rêves lucides les plus simples consistent à interrompre un cauchemar en se disant que « ce n’est qu’un rêve » et à se réveiller quelques secondes plus tard. Certaines personnes vont beaucoup plus loin dans la maîtrise de leurs songes, ils sont capables de modifier le contenu de leurs rêves, comme par exemple, faire disparaître des objets, changer de lieux…
La maîtrise des rêves lucides peut s’acquérir… pour l’obtenir il suffit d’être motivé et de posséder spontanément de bonnes capacités de rappel onirique.
Il est difficile d’apporter une réponse précise à l’utilité des rêves, ils restent quelque chose de confus et de mystérieux. Certains auteurs affirment que les rêves sont une liaison entre le conscient et l’inconscient, entre l’âme et le corps, entre nos désirs réels et refoulés, qui sont un miroir qui ne ment pas… Mais surtout se sont des avertissements. La vision musulmane des rêves est un peu différente puisque pour nous dans l’éveil, les gens dorment, quand ils meurent ils se réveillent…
Pour certains, l’incapacité de se souvenir du rêve serait liée à la personnalité, on pense d’ailleurs qu’avec l’age, le cerveau devient plus rigide, l’activité onirique démunie.
Et que dire ou faut-il croire aux rêves prémonitoires ? Ces rêves dans lesquels se fit l’annonce supranormale d’un événement futur quel qu’il soit. Ces rêves représentent la forme la plus courante de la croyance populaire. On pourrait dire que la prémonition jaillit d’une vision interne que le sujet a de lui-même et de son propre destin. Quelques fois, la suggestion, une coïncidence ou une série de coïncidences peuvent faire croire au sujet qu’il a eu une vision ou un rêve prémonitoire.
Le cas de Hamid ressemble plus à la fiction, mais quelle serait pour vous la réalité !?. Le cerveau humain est stimulé pour croire ou ne pas croire à des faits, les signaux électriques provoquent des réactions chimiques pour parfois provoquer la faim, la douleur ou le plaisir chez le sujet. D’autres fois c’est organique, en examinant les zones actives pendant les différentes phases du sommeil montre que l’hippocampe est actif pendant le sommeil paradoxal et c’est lui qui est responsable des images.
Pendant son sommeil Hamid a plongé dans le temps, il se retrouvait maître de tout ce qu’il désirait pendant sa vie diurne et qu’il ne parvenait pas à réaliser. Pour une raison ou une autre il s’est vu privé des belles choses de la vie qu’il finit par refouler… dans la vie onirique, souvent nocturne, il n’existe ni temps ni espace, les actions s’accomplissent, le rêveur vole, plane, nage, dirige des orchestres, fonce dans le ciel, pilote des avions, marche sur la lune, et même parfois les morts ressuscitent et lui parlent… Il existe une seconde vie parallèle à la vie diurne, parfois au réveil certains rêves puissants disparaissent à tout jamais de la mémoire ou ils restent gravés pour nous faire ensuite regretter d’être réveillé !.
Durant sa vie Hamid était mélancolique, il fuyait une réalité trop dure pour lui, avec des études ratées, sans poste de travail, il était coincé dans l’abîme des problèmes sociaux au sein d’une famille pauvre et démunie, son seul revenu pour vivre était la misérable retraite du père.
L’incapacité de Hamid à changer l’état dans lequel il s’y trouvait, fit de lui un être enragé et révolté critiquant tout ce qui bougeait, il voyait l’injustice dans tout son entourage, il se plaignait d’être laid et pauvre alors que les autres sont beaux et richissimes, il alla à renier Dieu et le qualifia d’injuste !. Ainsi petit à petit il érigea des murs de béton et se replia sur lui-même.
Hamid voulait tellement changer cette réalité… Hélas, il avait les mains ligotées et ne trouvait en lui que le désespoir, le mépris et le découragement. Il finit par admettre son échec terrible quant à persévérer dans cette vie et devint démissionnaire et de plus en plus incapable de survivre, de faire un effort pour s’en sortir, du mois améliorer progressivement ses conditions de vie, alors il commença par refuser la parole, ensuite éviter tout effort physique ou mental et devint une personne introvertie. Parfois et pour atténuer ses souffrances, il pensa même à se donner la mort et en finir, malheureusement même cette mort refusa de l’atteindre, il devait attendre son tour, peut-être ça serait au prochain passage, mais probablement il avait à patienter plus, car souvent se sont les plus convoités dans leurs familles qui périssent les premiers alors que les indésirables dans ce monde pourrissent tranquillement pour donner aux autres l’envie de mourir à leurs places.
Hamid comme tant de ses semblables subit le malaise et les frustrations d’une vie banale dépourvue de sens, sa mission fut très restreinte, les jours défilèrent devant lui et se ressemblaient comme s’ils furent une instance d’une copie unique. Le jour il était entassé dans le café du coin à jouer aux cartes, à s’engueuler ou à parler sans rien dire, la nuit tombée, il se pressait de rentrer bredouille en traînant sa carapace trop lourde pour l’être démoralisé et fatigué qu’il fut.
Hamid ne trouvait goût à rien, il en raffolait de sommeil, parfois il prenait des somnifères pour accélérer le processus d’endormissement, et une fois endormi, il ne voulait plus se réveiller.
Dans les rêves récurrents, Hamid était maître des lieux, à prendre en main sa vie onirique, à décider de son sort, il avait une énergie incroyable voir inépuisable, c’était le cumul d’un stock alimenté dans sa vie diurne qui restait non consommé et qui renfermait les frustrations et les turbulences gravées dans son inconscient suite aux refoulements dans une vie déplorable à classer dans les oubliettes.
Dans la réalité, Hamid était timide et réservé, il faisait clan avec la paresse et la fainéantise, il trouvait plaisir dans l’inertie, ainsi il évitait tout changement et préférait s’abriter dans les endroits tranquilles loin des pressions de la vie terrestre… Devant les épreuves il était mou et désintéressé, à chaque fois il était blâmé par son père. D’une certaine manière, Hamid fut forcé d’endurer cette situation combien stressante, alarmante et instable de laquelle il ne put s’arracher, bien au contraire parfois il y trouvait plaisir à devenir masochiste. Pour se protéger contre toute intrusion ou critique, il érigea une forteresse et s’empara du trône !. Par la suite, il devint un être vidé de toute volonté, sans ambitions, sans objectifs et sans avenir, ainsi il se détacha du monde réel pour aller trouver refuge dans les rêves. Malheureusement pour lui, il s’accoutuma à ce nouveau monde qui ressuscita en lui d’autres fantasmes et plaisirs autrefois inaccessibles voir prohibés, il se trouva piégé dans un univers imaginaire qu’il finit par révérer et en aucun cas, il ne renoncerait au fait qu’il soit Dieu.
Après son réveil, Hamid se montra très déçu et contrarié d’avoir abandonner le monde du rêve, mais en même temps il fut réconforté de revenir parmi les siens, ainsi il décida de se donner une nouvelle chance : prendre son courage entre ses deux mains et de commencer à oser, à provoquer le destin, de chasser les idées superflues, de se débarrasser de tout sentiment négatif, de tracer un chemin clair et de persister sur la voie, sa destinée, sans se préoccuper de ce que pensent les autres, ceux qui font de la critique subjective leur seule préoccupation, ceux qui se battent de toute leur force pour décourager les meilleurs et ne connaissent repos que s’ils voient leurs semblables vaincus, malheureux, errants et enfin effondrés.
Aidé par sa famille et son entourage, Hamid dénicha un boulot assez lucratif, ensuite il réussit de charmer une jeune femme pour voir enfin entamer la procédure de mariage. La petite famille finit par louer un petit logement dans la nouvelle ville Ali Menjeli à Constantine, par la suite elle se vit grandir, la naissance d’un bébé leur apporta joie et espérance.
Hamid était très fier d’avoir pu remonter le cap, d’avoir surmonter tous les obstacles et d’avoir surpassé ses peurs, ainsi il retentit l’espoir des tréfonds de son être... En ces moments glorieux, pendant que Hamid savourait pleinement sa victoire, il se réveilla…
Quelle andouille, c’est incroyable mais vrai, Hamid ne s’est jamais réveillé, il était noyé dans un sommeil profond à croire qu’il fut interminable, il était devant un réveil à répétition !
Est-ce possible de se réveiller dans un rêve !? Alors est-ce aussi un rêve ? Peut-on rester éveillé dans le rêve ?. Si oui quel serait le sens de la vie ? Peut-être qu’on est embarqué tout simplement dans une imbrication de rêves et d’éveils ?. Franchement est-ce que vous comprenez quelque chose ? Sûrement pas, il y a tellement de confusion, personne ne peut infirmer ou confirmer son état d’éveil !, je suis peut-être entrain de rêver…Vouloir se réveiller n’est qu’une fatalité, quitter un rêve pour en déboucher sur un autre !. Cette logique dans la succession des rêves est incassable et se prolonge à l’infini sans espoir de salut !.
Alors, il est temps pour vous de vous réveillez, si par chance vous le parviendrez, prenez les commandes et soyez vigilants, soyez au contrôle de votre vie, même si vous serez incapables de réaliser ce que vous espérez en tant que mortels, et même si vous ne pouvez concrétiser vos aspirations les plus simples, car le vrai courage est celui de vivre votre vie avec toutes ses contradictions et toutes ses misères… Pensez-y pendant que vous êtes encore éveillés…
Commentaires
bravo c ton neveu adel
Cher Sofiane,
Je vous salue en inaugurant ma participation à ce blog et vous félicite pour votre verve littéraire et rend hommage à votre sens du fantastique et à votre imagination.
L'épilogue de votre histoire est assez intéréssant et à plus d'un titre.. en tant qu'êtres humains cela nous interpelle.
Sommes-nous en train de rêver avant de nous éveiller? Quand s'arrête le rêve et où débute la réalité? La vie est-elle un long bon/mauvais rêve, et la mort le réveil? ou.. est-ce l'inverse. Enfin, qu'est-ce que le rêve? Qu'est-ce-que la vie? A quoi doit-elle ressembler? Doit-elle être aussi mielleuse que le rêve de Hamid?
Pourquoi notre existence ne serait-elle pas simplement une série de beaux et de mauvais rêves? Il n'est nul part dit que la vie doit être un long fleuve tranquille..
prions seulement le Très-Haut que cela ne soit pas toujours comme un affreux cauchemar.
A méditer.