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fergati

Pseudo: fergati sofianeCatégorie: Littérature, poésieRecommander ce blog
Mercredi 20 Juin 2007

Rêve éveillé, éveil dans le rêve.

Réveillez-vous si vous le pouvez...

Ecrite le 10 Juin 2007

  

En ce jour printanier, Hamid se faisait décoré dans son ancienne école, dix ans après l’obtention de son diplôme en physique nucléaire. La foule était fascinée en assistant à la remise des prix pour les anciens élèves parmi les plus glorieux que l’école polytechnique a compté dans son cursus. Cette fois encore, Hamid fut gratifié et se vit attribué l’insigne de lauréat, il était la fierté de sa génération,  une poignée de personnes qui ont contribué à la gloire de la ville. Hamid, ce dévoué et engagé homme se faisait respecté même par les aliénés à croire qu’il fut descendant d’une dynastie ou encore d’une prophétie. Chaque année l’école organise des amicales pour réunir les ex brillants élèves, et à chaque fois le nom de Hamid fut mentionné au marqueur en tête de liste. Personne ne pouvait se permettre de contredire la décision de la commission. De plus de ses facultés mentales supérieures, Hamid était simple, si modeste et très convoité par tous les gens qu’ils avaient côtoyés ou même simplement avoir entendu parlé. Dans le discours d’ouverture de la cérémonie, le maire prêcha quelques phrases avant de se sentir obligé de passer la parole à notre éternel génie pour le petit speech d’honneur. Les mots étaient soigneusement articulés telle une symphonie magistrale ou une série de notes musicales qui procuraient à la présence un plaisir auditif inouï, c’était semblable au chant angélique envahissant les cieux se répétant aussi admirablement et qu’on ne peut s’abstenir d’écouter sans lasse mais sans pour autant le mémoriser…se fut un grand appétit qu’on ne pouvait satisfaire.

 

 

Hamid par son comportement unique et exemplaire devint si populaire que même le maire craignait pour sa place si Hamid venait à se reconvertir en politique.

 

Lors de la cérémonie plusieurs lauréats se sont vus décorés, mais l’intérêt que porta le conseil scientifique à notre Hamid fut inégalé, le prix du mérite lui fut attribué, une fois de plus il fut sans rivale et incontestablement le lauréat de l’année par enchantement.

 

Parmi les présents se trouvaient les parents de Hamid, son épouse et ses trois enfants. Hamid fut le leitmotiv de succès, il réussissait tout qu’il faisait, c’était magique, tout ce qu’il touchait ou même effleurait avec son regard se transforma en merveille. Les gens se bousculaient pour nouer des relations avec lui ou juste lui parler pour profiter de sa bénédiction et jouir des conséquences. Le mot échec n’appartenait pas à son vocabulaire, avec son esprit belliqueux il emporta toutes les batailles et les guerres, et ce  même avant d’ y avoir participé. Certains esprits faibles armés de foi fragile, considéraient ses paroles comme prédictions et venaient le consulter à chaque fois qu’ils envisagèrent d’entamer des actions guidées pas des choix, ils le prenaient pour un medium ou encore un élu du ciel, ainsi ses dons ne sont pas le fruit du hasard bien au contraire, ça traduisait une certaine forme de prophétie.

 

 

Hamid occupait le poste d’enseignant chercheur à l’université de la ville. Les nouveaux inscrits optèrent d’office et parfois sans réelles convictions pour les branches techniques, ils voulaient étudier les sciences physiques pour assister à ses cours, ils rêvaient de devenir comme lui, ils espéraient inhaler de son grand savoir, ainsi acquérir le titre d’être l’élève de ce grand maître incontesté.

 

 

La maison qui abritait la famille de Hamid fut construite de briques et de marbre blanc très fin à croire que c’était du cristal. Les façades été faites à la pierre taillée introuvable sur le marché local, importée de l’orient. C’était un domaine de verdure au milieu duquel un petit château fut bâti en plein centre-ville. La famille de Hamid été composée de sa femme, de deux filles et d’un garçon. La jeune épouse, très belle, elle obtint plusieurs fois titre de « Miss beauté », elle enseignait dans la même université que son mari, elle était issue d’une famille notable voir très riche qui possédait la moitié des terres sur lesquelles la ville été construite. Quand aux enfants, ils étaient aussi remarquables, les filles d’une classe majestueuse étaient les premières de leurs classes respectives, et admirablement les pièces maîtresses de l’orchestre philharmonique de la ville, deux petites divas de piano et de violoncelle, sans compter les dénombrables talents dont elles disposaient. Néanmoins comparées à leur jeune frère, elles ne valaient pas grand-chose. Mehdi, un jeune prodige pratiquant simultanément quatre sports, il  était champion d’échecs, de natation, de judo et de tennis… plus des prouesses en peinture, en musique et en poésie, il était polyglotte et par-dessus tout il était ambidextre, très habile des deux mains et s’il le voulait il pouvait dessiner du pied…

 

La famille vivait dans la prospérité et la gloire, elle raflait tous les trophées dans les compétitions et ne laissait la moindre chance de victoire aux autres participants qui furent découragés à l’avance et leur inscription aux concours ressemblait  plus à une simple participation, ils n’étaient pas compétitifs et moins encore ils n’osaient rivaliser avec cette étonnante famille qui avait plus que tout pour reporter toutes les médailles et les coupes.

 

La famille était comme enveloppée par un champs qui la protégeait de tout et de rien, elle n’avait jamais souffert de maladies et aucun médecin auparavant ne l’a ausculté, avec une santé irréprochable sûrement dû à une nourriture équilibrée et très variée et au régime presque parfait que les membres de cette famille suivaient. Hamid le chef ne laissait rien au hasard, un jour il décida de prendre sa vie en main, il réussit à tout faire, il était organisé et synchronisé au détail prés, tout ce qu’il voulait l’avait, il avait suffit de la désirer. Parfois il faisait même preuve de psychokinésie, il déplaça les objets par simple concentration, une force psychique qu’il développa en pratiquant chaque matin dans son jardin la lévitation.

 

 

Etre un chat est un privilège si le maître s’appelle Hamid, en plus des avantages octroyés à ces animaux domestiques, ils pouvaient prétendre à d’autres caprices hors du commun. Le chat se lança dans une poursuite diurne, il tenta de chasser quelques oiseaux qui vinrent se reposer sur le toit… Le chat emberlificotait les petites créatures volantes, à un moment il se prit pour le futé prédateur. Malheureusement il glissa à défaut de ne pouvoir compter sur ses griffes rétractiles bien soignés et tomba en chute libre dans le vide pour aller se crasher sur le sol sous le regard de Hamid. La scène aussi violente qu’elle le paraissait n’alluma personne, au lieu que ledit chat s’écrase et meurt dans le choc, il rebondit sur la pelouse, elle fut flexible à un tel point que l’animal se montra favorable au jeu de trampoline. Aucun souci à ce faire, tant que Hamid est présent rien de dangereux ou regrettable ne peut se produire. Autrefois, par mégarde, le fils ingurgita de l’acide sulfurique qui se trouvait sur la table de cuisine, l’acide perdit sa fonction et se transforma en solution inoffensive au goût de fraise !.

 

 

Le veille du mois de ramadhan, pendant que Hamid faisait le marché en quête de légumes frais, un vendeur attira son attention. Ce dernier rongeait soigneusement les fruits et légumes frais de bonnes tailles au premier rang dans les casiers en bois et dissimulait les moins frais en arrière plan… C’était de la pure arnaque, à l’avènement du mois de jeun, les vendeurs ou marchands profitent de la situation en haussant les prix et escroquent les pauvres acheteurs parmi les gens les plus démunis, ils exposent les produits de qualité mais ils finissent presque toujours par duper la clientèle en leur  vendant  le fond des cageots. Par la suite ces pratiques deviennent  une tradition à savoir l’exploitation des pauvres citoyens de plus en plus victimes des comportements indignes de ces non musulmans. Les suceurs de sans humain persistent et se multiplient tels des virus, ils provoquent des dommages profonds dans les portefeuilles des gens simples qui se trouvent une fois de plus coincés entre le marteau de la cherté de la vie quotidienne et l’enclume de la baisse du pouvoir d’achat.

 

 

L’hostilité de la scène au marché, ne put laisser Hamid indifférent, lui qui est juste et loyal se devait de réagir, il avait à stopper ces êtres répugnants moitié homme moitié vampire. Soudain une haine le traversa, ses yeux s’enflammèrent de stupeur, son visage enluminé fut glacé et figé, il claqua des dents en maintenant sa mâchoire bien serrée et s’écria : « Sois maudit impitoyable et misérable être des ténèbres, je veux que tu crèves avant même que mes mains n’atteignent ta sale carcasse de vieux crapaud, je ne veux pas me salir de ta crasse, crèves minable… »  

 

 

 

N’ayant pas le temps de terminer son châtiment que le damné marchand se vit comme possédé ou encore atteint de mauvais sortilège, il fut étouffé à ne plus pouvoir respirer et d’un seul coup il s’enflamma…, se fut un mystère car il n’y avait aucune trace de feu à proximité. En dépit de cette réalité, le marchand fut calciné et carbonisé. La foule assista à la genèse de ce drame sans pouvoir intervenir pour essayer d’épargner le damné bonhomme. Personne ne voulait vraiment interrompre le feu pendant qu’il rendait justice, tout et chacun se sentit vengé et soulagé d’une certaine manière malgré l’atrocité et l’horreur de l’acte. Quelques voies basses chuchotaient çà et là en répétant : «  bien fait pour lui, il servira d’exemple pour les autres… ».

 

Certains vendeurs pris de panique prirent la fuite en abandonnant leurs marchandises, alors que d’autres se virent contraints à l’instant même de réviser à la baisse les prix affichés.

 

L’histoire du vendeur foudroyé fit ravage au milieu des citoyens de la ville, Hamid devint un héro national, le défendeur des faibles, le justicier tant attendu pour faire triompher l’équité, ainsi il gagna la révérence des sujets… Cependant,  les plus croyants virent en lui le charlatan, un être maléfique alors d’autres le prirent pour l’être divin qui eut comme mission faire prévaloir le bien sur le mal… dans la ville se fut la congestion totale. Les Citoyens furent atteints de confusion, de plus en plus ils assistèrent à des scènes miraculeuses stipulant prophétie mais en même temps ils ne purent écarter le fait de se trouver devant un imposteur de première classe qui se prend tout simplement pour Dieu.

 

 

La maison de Hamid fut transformée et réaménagée en « Zaouïa » ou précisément un lieu de culte et de sacrifice. Chaque jour des visiteurs plutôt pèlerins venaient implorer pardon et clémence. Ceux parmi les plus faible de foi apportaient leurs proches malades en guise de guérison. Devant la maison se fut le déluge, les autorités décidèrent de poster des agents de sécurité pour protéger les occupants de craintes de les voir brutaliser par convoitise par des pèlerins.

 

 

Que pouvait Hamid demander de plus ?, Il était si chanceux et généreusement gâté par le destin, il était riche, beau, intelligent, vénéré par tous y compris les animaux qui venaient à leur tour chez lui se plaindre d’un mauvais traitement occasionnée par leurs maîtres. Pour Hamid la vie ne valait plus grand-chose, il perdit sa saveur, il pouvait s’approprier la lune s’il le désirait, tout devint accessible et à sa portée, ses désirs furent exaucés instantanément avant même d’être exprimés, des milliers de disciples se lancèrent à satisfaire ses fantasmes, et ce, même en payant de leur propre corps et âmes.

 

 

Quelques jours passèrent, des malfaiteurs commandités par les gens de l’ombre kidnappèrent le fils de Hamid, il devint de plus en plus important, il fut un leadership autour duquel un population de sujets fut tissée, ainsi pour certains il symbolisa un mythe vivant et menaçait les intérêts des gens du pouvoir.

 

Le seul moyen pour l’anéantir et le faire renoncer à ce règne fut le chantage, ainsi et pour le punir son enfant fut enterré vivant. Cette fois le petit garçon frôla la mort, il fut retrouvé par les autorités et miraculeusement déterré pour ensuite se voir réanimé. Le père fut réconforté par les retrouvailles, néanmoins, il était sûr du retour de son enfant et en aucun moment il ne fut vraiment inquiet, bien au contraire il fut rassuré. Le garçon sombrait dans un état comateux, mais par le simple geste du père, en appliquant ses mains sur la poitrine, l’enfant ressuscita.

 

Ce jour là, un miracle se produisit, apparemment notre Hamid devint un être d’une suprématie divine, il était irréprochable, invincible et d’une prouesse inégalée, il incarnait la beauté et la force d’une créature surnaturelle.

 

Pendant ce moment d’extase, après que tout rentra dans l’ordre et que l’enfant fut sauvé, Hamid se livra à un petit vole au dessus de la ville, il survola les espaces verts pour atterrir dans un foret située pas très loin de la ville. Cette manœuvre fut entreprise en l’honneur de l’enfant rétabli et une manière de jouir de cet accomplissement. Soudain Hamid se réveilla… Et oui ce n’est qu’un rêve !

 

 

Le rêve est considéré comme une réalisation des désirs, ces derniers étant en fermentation dans notre inconscient, le rêve est comme un lieu où les désirs honteux, réprimés le jour, se trémoussent pour assouvir leurs penchants. Selon Freud[1] l’interprétation du rêve est la voie royale qui mène à l’inconscient. Ainsi le rêve serait une fenêtre sur l’inconscient permettant au rêveur de procéder à son interprétation. Le rêve serait aussi une sorte de soupape de sécurité permettant à l’inconscient de s’exprimer sans perturber l’équilibre psychique de l’individu. Pour Jung[2] les rêves sont aussi une porte ouverte sur l’inconscient avec comme principale fonction la contribution à l’équilibre psychique.

 

Dans un rêve, l’aspect caché, inconscient d’un concept peut-être mis en images. La psyché de l’homme est constituée de parties conscientes et d’autres inconscientes, ces derniers s’expriment pendant les rêves, pour sauvegarder la stabilité mentale et même psychologique il faut que la conscience et l’inconscient soient intégralement reliés afin d’évoluer parallèlement. Certains rêves comportent des images que le rêveur ne peut pas relier à sa vie, qui ne lui disent rien, d’après Jung il s’agit d’images du conscient collectif. Selon d’autres psychologues, le moi qui rêve n’est pas le même que le moi éveillé, il existe entre les deux une relation de gémellité, ils sont les ombres l’un de l’autre. Le moi qui rêve c’est à dire imaginal se mêle aux images du rêve et sait qu’elles ne lui appartiennent pas. Le moi est lui aussi une image, une figure complètement subjective, un fantôme, une ombre vidée du « je » qui s’abandonne au sommeil.

 

 

Le sommeil est constitué de plusieurs cycles de différentes phases, ainsi on peut comprendre dans quelle période de la nuit interviennent les rêves. Les phases se succèdent et se répètent tout le long de la nuit. En général c’est pendant le sommeil paradoxal ou sommeil profond que les rêves apparaissent mais aussi il peut arriver dans certains cas des rêves pendant le sommeil léger qui sont moins riches en détails, ces rêves contiennent moins d’éléments de mouvement, moins d’éléments émotionnels et moins de couleur par rapport aux autres rêves. Un individu normal peut rêver jusqu’à 100 minutes par nuit, cela dit, ces minutes peuvent paraître interminables à égaler le temps de toute une vie.

 

Parfois il est possible de maîtriser le contenu de ces rêves, c’est ce qu’on appelle le rêve lucide : rêver en ayant conscience d’être entrain de rêver. Ces rêves lucides ont longtemps été l’objet de polémique, ils sont définis comme un état mélangé, un chevauchement entre le sommeil paradoxal et des processus activés correspondant à l’éveil.

 

 

Les rêves lucides les plus simples consistent à interrompre un cauchemar en se disant que « ce n’est qu’un rêve » et à se réveiller quelques secondes plus tard. Certaines personnes vont beaucoup plus loin dans la maîtrise de leurs songes, ils sont capables de modifier le contenu de leurs rêves, comme par exemple, faire disparaître des objets, changer de lieux…

 

La maîtrise des rêves lucides peut s’acquérir… pour l’obtenir il suffit d’être motivé et de posséder spontanément de bonnes capacités de rappel onirique.

 

Il est difficile d’apporter une réponse précise à l’utilité des rêves, ils restent quelque chose de confus et de mystérieux. Certains auteurs affirment que les rêves sont une liaison entre le conscient et l’inconscient, entre l’âme et le corps, entre nos désirs réels et refoulés, qui sont un miroir qui ne ment pas… Mais surtout se sont des avertissements. La vision musulmane des rêves est un peu différente puisque pour nous dans l’éveil, les gens dorment, quand ils meurent ils se réveillent… 

 

Pour certains, l’incapacité de se souvenir du rêve serait liée à la personnalité, on pense d’ailleurs qu’avec l’age, le cerveau devient plus rigide, l’activité onirique démunie.

 

Et que dire ou faut-il croire aux rêves prémonitoires ? Ces rêves dans lesquels se fit l’annonce supranormale d’un événement futur quel qu’il soit. Ces rêves représentent la forme la plus courante de la croyance populaire. On pourrait dire que la prémonition jaillit d’une vision interne que le sujet a de lui-même et de son propre destin. Quelques fois, la suggestion, une coïncidence ou une série de coïncidences peuvent faire croire au sujet qu’il a eu une vision ou un rêve prémonitoire.

 

 

Le cas de Hamid ressemble plus à la fiction, mais quelle serait pour vous la réalité !?. Le cerveau humain est stimulé pour croire ou ne pas croire à des faits, les signaux électriques provoquent des réactions chimiques pour parfois provoquer la faim, la douleur ou le plaisir chez le sujet. D’autres fois c’est organique, en examinant les zones actives pendant les différentes phases du sommeil montre que l’hippocampe est actif pendant le sommeil paradoxal et c’est lui qui est responsable des images.

 

Pendant son sommeil Hamid a plongé dans le temps, il se retrouvait maître de tout ce qu’il désirait pendant sa vie diurne et qu’il ne parvenait pas à réaliser. Pour une raison ou une autre il s’est vu privé des belles choses de la vie qu’il finit par refouler… dans la vie onirique, souvent nocturne, il n’existe ni temps ni espace, les actions s’accomplissent, le rêveur vole, plane, nage, dirige des orchestres, fonce dans le ciel, pilote des avions, marche sur la lune, et même parfois les morts ressuscitent et lui parlent… Il existe une seconde vie parallèle à la vie diurne, parfois au réveil certains rêves puissants disparaissent à tout jamais de la mémoire ou ils restent gravés pour nous faire ensuite regretter d’être réveillé !.

 

Durant sa vie Hamid était mélancolique, il fuyait une réalité trop dure pour lui, avec des études ratées, sans poste de travail, il était coincé dans l’abîme des problèmes sociaux au sein d’une famille pauvre et démunie, son seul revenu pour vivre était la misérable retraite du père.

 

L’incapacité de Hamid à changer l’état dans lequel il s’y trouvait, fit de lui un être enragé et révolté critiquant tout ce qui bougeait, il voyait l’injustice dans tout son entourage, il se plaignait d’être laid et pauvre alors que les autres  sont beaux et richissimes, il alla à renier Dieu et le qualifia d’injuste !. Ainsi petit à petit il érigea des murs de béton et se replia sur lui-même.

 

Hamid voulait tellement changer cette réalité… Hélas, il avait les mains ligotées et ne trouvait en lui que le désespoir, le mépris et le découragement. Il finit par admettre son échec terrible quant à persévérer  dans cette vie et devint démissionnaire et de plus en plus incapable de survivre, de faire un effort pour s’en sortir, du mois améliorer progressivement ses conditions de vie, alors il commença par refuser la parole, ensuite éviter tout effort physique ou mental et devint une personne introvertie. Parfois et pour atténuer ses souffrances, il pensa même à se donner la mort et en finir, malheureusement même cette mort refusa de l’atteindre, il devait attendre son tour, peut-être ça serait au prochain passage, mais probablement il avait à patienter plus, car souvent se sont les plus convoités dans leurs familles qui périssent les premiers alors que les indésirables dans ce monde pourrissent tranquillement pour donner aux autres l’envie de mourir à leurs places.

 

 

Hamid comme tant de ses semblables subit le malaise et les frustrations d’une vie banale dépourvue de sens, sa mission fut très restreinte, les jours défilèrent devant lui et se ressemblaient comme s’ils furent une instance d’une copie unique. Le jour il était entassé dans le café du coin à jouer aux cartes, à s’engueuler ou à parler sans rien dire, la nuit tombée, il se pressait de rentrer bredouille en traînant sa carapace trop lourde pour l’être démoralisé et fatigué qu’il fut.

 

 

Hamid ne trouvait goût à rien, il en raffolait de sommeil, parfois il prenait des somnifères pour accélérer le processus d’endormissement, et une fois endormi, il ne voulait plus se réveiller.

 

Dans les rêves récurrents, Hamid était maître des lieux, à prendre en main sa vie onirique, à décider de son sort, il avait une énergie incroyable voir inépuisable, c’était le cumul d’un stock alimenté dans sa vie diurne qui restait non consommé et qui renfermait les frustrations et les turbulences gravées dans son inconscient suite aux refoulements dans une vie déplorable à classer dans les oubliettes.

 

Dans la réalité, Hamid était timide et réservé, il faisait clan avec la paresse et la fainéantise, il trouvait plaisir dans l’inertie, ainsi il évitait tout changement et préférait s’abriter dans les endroits tranquilles loin des pressions de la vie terrestre… Devant les épreuves il était mou et désintéressé, à chaque fois il était blâmé par son père. D’une certaine manière, Hamid fut forcé d’endurer cette situation combien stressante, alarmante et instable de laquelle il ne put s’arracher, bien au contraire parfois il y trouvait plaisir à devenir masochiste. Pour se protéger contre toute intrusion ou critique, il érigea une forteresse et s’empara du trône !. Par la suite, il devint un être vidé de toute volonté, sans ambitions, sans objectifs et sans avenir, ainsi il se détacha du monde réel pour aller trouver refuge dans les rêves. Malheureusement pour lui, il s’accoutuma à ce nouveau monde qui ressuscita en lui d’autres fantasmes et plaisirs autrefois inaccessibles voir prohibés, il se trouva piégé dans un univers imaginaire qu’il finit par révérer et en aucun cas, il ne renoncerait au fait qu’il soit Dieu.

 

 

Après son réveil, Hamid se montra très déçu et contrarié d’avoir abandonner le monde du rêve, mais en même temps il fut réconforté de revenir parmi les siens, ainsi il décida de se donner une nouvelle chance : prendre son courage entre ses deux mains et de commencer à oser, à provoquer le destin, de chasser les idées superflues, de se débarrasser de tout sentiment négatif, de tracer un chemin clair et de persister sur la voie, sa destinée, sans se préoccuper de ce que pensent les autres, ceux qui font de la critique subjective leur seule préoccupation, ceux qui se battent de toute leur force pour décourager les meilleurs et ne connaissent repos que s’ils voient leurs semblables vaincus, malheureux, errants et enfin effondrés.

 

Aidé par sa famille et son entourage, Hamid dénicha un boulot assez lucratif, ensuite il réussit de charmer une jeune femme pour voir enfin entamer la procédure de mariage. La petite famille finit par louer un petit logement dans la nouvelle ville Ali Menjeli à Constantine, par la suite elle se vit grandir, la naissance d’un bébé leur apporta joie et espérance.

 

Hamid était très fier d’avoir pu remonter le cap, d’avoir surmonter tous les obstacles et d’avoir surpassé ses peurs, ainsi il retentit l’espoir des tréfonds de son être... En ces moments glorieux, pendant que Hamid savourait pleinement sa victoire, il se réveilla…

 

Quelle andouille, c’est incroyable mais vrai, Hamid ne s’est jamais réveillé, il était noyé dans un sommeil profond à croire qu’il fut interminable, il était devant un réveil à répétition !

 

Est-ce possible de se réveiller dans un rêve !? Alors est-ce aussi un rêve ? Peut-on rester éveillé dans le rêve ?. Si oui quel serait le sens de la vie ? Peut-être qu’on est embarqué tout simplement dans une imbrication de rêves et d’éveils ?. Franchement est-ce que vous comprenez quelque chose ? Sûrement pas, il y a tellement de confusion,  personne ne peut infirmer ou confirmer son état d’éveil !, je suis peut-être entrain de rêver…Vouloir se réveiller n’est qu’une fatalité, quitter un rêve pour en déboucher sur un autre !. Cette logique dans la succession des rêves est incassable et se prolonge à l’infini sans espoir de salut !.

 

 

Alors, il est temps pour vous de vous réveillez, si par chance vous le parviendrez, prenez les commandes et soyez vigilants, soyez au contrôle de votre vie, même si vous serez incapables de réaliser ce que vous espérez en tant que mortels, et même si vous ne pouvez concrétiser vos aspirations les plus simples, car le vrai courage est celui de vivre votre vie avec toutes ses contradictions et toutes ses misères… Pensez-y pendant que vous êtes encore éveillés…

 

 

 



[1] Sigmund Freud : médecin autrichien (1856-1939), fondateur de la psychanalyse.

 

[2] Carl Gustav Jung : psychiatre suisse (1875-1961), créateur de la psychologie analytique.

je dédie cette nouvelle à mon adorable femme "N", qui croit en moi, m'encorage et me soutient...

Sofiane.

publié par fergati sofiane publié dans : fergati
Lundi 30 Avril 2007

 

PSYCHOSE

Etes-vous schizophrène!?

le 25 avril 2007

 

 

Ce jour là,  une  fois  encore, les  braillements   émanaient   de   la  fenêtre du 4eme  étage, des cris assourdissants des voisins nouvellement installés furent de plus en plus agaçants, se fut un vacarme  que  même  les sourds d’oreille  ne  pouvaient  supporter  ni  tolérer…   Cela prêter à croire que la famille  qui  occupait  les  lieux  endurait  un  malaise  de  vie  et   subissait amèrement le fardeau d’une masse de problèmes sociaux. Ce dérangement ne put laisser les locataires indifférents au point que ces derniers se virent contraints de poser plainte, néanmoins le souci de civisme ainsi que le respect du voisinage fut un obstacle face à un tel agissement. Tout le monde se plaignait et promettait de solliciter l’intervention des autorités, cependant leur patience n’était pas encore épuisée, ils ne voulaient guère rajouter d’autres peines à cette famille, d’autant moins la traîner en justice, cela ne réglerait point ce litige embêtant, ça serait comme verser de l’essence sur le feu… mais à qui profiterait cette pétition, elle signifiera jugement, condamnation et sûrement emprisonnement ou amande, qui ne sera sûrement pas payée, puisque la famille se voyait très pauvre, sans revenu stable,  se savait très diminue et de plus en plus sombrait dans le gouffre de la famine et de la misère.

 

La famille occupait l’appartement du dernier étage, elle débarqua au début d’été alors que la majorité des locataires étaient en vacance, ainsi à leur retour, ils remarquèrent bizarrement que la fenêtre du salon était entrouverte après qu’elle restait assez longtemps fermée à croire qu’elle fut clouée, même les tempêtes d’hiver ne pouvaient soulever, l’appartement était abandonnée…

 

 

Personne parmi les locataires ne s’aventurait à emprunter les escaliers plus loin que le 3eme étage, il n’ y avait rien à tirer, et même les enfants de l’immeuble n’étaient pas curieux et ne voulaient pas inspecter ces espaces mystérieux et mystiques, c’était tout simplement un endroit maudit.

 

 

S’approcher de cet étage, donnait l’impression d’émerger dans une autre dimension plutôt maléfique, les odeurs nauséabondes provenaient de l’appartement, et des bestioles de différents calibres surgissaient de sous la porte pour envahir ensuite tout l’immeuble. Quel cauchemar, cela ressemblait à une malédiction qui tomba subitement sur les locataires, l’immeuble devint sale et dégoûtant après qu’il fut propre et si paisible…

 

Au paravent,  Les locataires prévirent d’entamer des travaux d’entretien de l’immeuble, mais la présence d’un copropriétaire de ce genre les dissuada, ils renoncèrent, du moins ils décidèrent de reporter la réhabilitation pour une date ultérieure, une fois le problème sera réglé…

 

Des regroupements fortuits des locataires dans la cage d’escaliers à l’entrée de l’immeuble étaient occasionnellement organisés, l’ordre du jour fut « Comment forcer la famille à déménager ? », mais à chaque fois les rencontres se terminèrent vainement sans solutions apparentes, la connivence se fut ratée et les comploteurs rentrèrent bredouille !.

 

D’autres fois, les discussions s’interrompirent momentanément quand le fils aîné de ladite famille venait de passer, quelques présents intentionnellement élevaient la voix en jasant pour que les dires se feraient entendre, seulement, notre bonhomme se montra complètement indifférent comme s’il n’appartenait pas à ce décor, ou encore qu’il fut totalement dissocié de la scène et à chaque fois les paroles provocatrices des locataires trouvaient sourde oreille et ne firent que renforcer leur mécontentement voir éveiller en eux la rage et la colère envers cette famille.

 

 

Très tôt le matin, on entendit les querelles et les chamailles stridentes, cette fois encore la vieille femme blâmait sa belle-fille et évoqua contre elle tous les qualificatifs insinuant la folie et la démence, elle l’étiqueta de malsaine, sale, répugnante et de vermine, qu’elle était mélancolique et ne méritait point d’être l’épouse de son cher enfant, et que si c’était à refaire elle aurait préféré que son fils demeure célibataire endurci plutôt que se trouver lié à une femelle irresponsable et indigne de porter le nom de la famille…Peu importe que les révélations furent intentionnées ou un simple lapsus linguae, elles furent foudroyantes et blessantes. Par moment, les cris s’atténuèrent et le calme convoité s’installa, pour déclencher ensuite une série de pleurs du nouveau-né soigneusement abandonné, sans doute effrayé par le bruit des engueulades. Les lamentations du bébé se montrèrent raisonnables, il dénonçait le fait qu’il fut livré à lui-même, il manquait invraisemblablement d’hygiène et restait toute la journée collé à sa couche mouillée à essorer, ou peut-être il fut affamé, victime d’une mère insoucieuse du bien-être de son enfant.

 

 

Souvent, même au milieu des nuits hivernales, des claquements de portes et des grincements de vieux meubles venaient perturber la quiétude des somnolents. Le bruit fut indésirable, à des heures tardives les sons d’une télévision laissée allumée ou la musique trop élevée des chansons traditionnelles de la chaîne hi-fi cassèrent le silence, nonobstant des réclamations récidives des voisins et leurs avertissements  de faire recours à la loi. Toutes les lumières des appartements du voisinage furent allumées et des cris de mécontentements furent lancés. Les locataires en quête de repos, parmi les malades pensaient vraiment entamer la procédure d’hospitalisation afin de trouver refuge dans un endroit calme pour s’offrir une éventuelle guérison, après que la tranquillité devint un luxe que nul ne pouvait acheter. D’autres locataires envisagèrent sérieusement de brader leurs appartements contre des logements moins convoités en guise de sérénité, à ce stade de faits, le prix ne valait pas grand-chose, ils préféraient s’installer en enfer plutôt qu’endurer les misères occasionnées par ces nouveaux intrus.   

 

 

Le matin suivant, la vieille femme enveloppée dans un voile doublement noir de part sa couleur et la couche de crasse qu’il présentait, traversa le passage telle un putois, elle fut pressée pour laisser derrière elle une traînée d’odeur asphyxiante devant laquelle même un masque à gaz s’avérerait inefficace !. Un couffin à la main, elle se dressa sur une trajectoire rectiligne et ne prêta attention à aucun événement comme si elle fut programmée, elle n’avait en tête qu’une seule idée, aller au marché pour se ravitailler et rien ne pouvait la persuader du contraire, elle partit à l’aube et ne revint qu’au crépuscule, elle était discrète et elle évitait d’éveiller les soupçons des curieux ou malveillants.

 

La plus part du temps, c’était au fils aîné de sortir faire les courses ainsi rarement la vieille femme était sollicitée, vu son age, sa carapace fatiguée n’était plus de taille à supporter le calvaire du va-et-vient du et au marché.

 

 

Cette année l’hiver s’annonça prématurément assez brutal, les nuits glaciales se faisaient très fréquentes. Malgré le froid de canard, les fenêtres du 4eme étage demeuraient toujours ouvertes, à laisser s’infiltrer les eaux de reverses de pluie, nuits et jours… les quelques pigeons curieux qui venaient se poser sur le bord des fenêtres pour se reposer, leur passage fut très court car ils ne pouvaient prétendre à une nourriture saine pour calmer leur faim et ne se prévirent jamais de faire leur besoin sur le bord. Par ce geste naturel, ils marquaient leur passage, sinon, ils prenaient l’endroit pour un dépotoir à merde après qu’il devint crasseux et source de toutes les odeurs infectes.

 

 

Les locataires furent stupéfiés et complètement perplexes devant ce cas de famille, tout allait de travers, sans synchronisation ni notion de temps et aucune logique n’était respectée, jusqu’à penser que les occupants de ces lieux furent inhumains, des extraterrestres ou encore possédés par le diable.

 

Pendant les fêtes, alors que tout l’immeuble gargouillait des invités venaient rendre visite de courtoisie à leurs proches à l’occasion des fêtes religieuses, aucun visiteur ne s’aventurait à dépasser le seuil du 4eme étage…, et quand parfois les quelques locataires croyants armés par une grande foi, soucieux  du respect et du soutien du voisinage venaient à tenter le coup, ils restaient un bon moment devant ledit appartement à claquer timidement sur la porte sans qu’une réaction de la part de la famille n’eut lieu…

 

Les quelques prétendants de cette initiative se voyaient à chaque fois déçus et contrariés et décidaient de ne plus y revenir, ils étaient touchés dans leur amour-propre, ils n’acceptaient plus d’être traités de la sorte, d’être si froidement ignorés ou négligés alors qu’ils venaient porter un peu de  joie et compassion à la famille mise en quarantaine ; mais à chaque fois après qu’ils furent touchés dans leur orgueil ils récidivaient…

 

 

 

Les membres de cette famille se faisaient plutôt rares, ils apparurent tôt le matin et réapparurent tard le soir, ils étaient très discrets et ne voulaient aucunement nouer des relations de bon voisinage avec leurs copropriétaires, ils se contentaient de monter ou de descendre les escaliers en cachant toujours se qu’ils portaient à la main, ils aimaient la discrétion et l’isolement, ils symbolisaient le sociopathe exemplaire et empruntaient de plus en plus la voie de la schizoïde[1].

 

 

La nuit tombée, une grande dispute éclata, dans l’appartement les hurlements du fils furent bruyants, il s’en prenait à son épouse, il la tabassait à coup de bâton, des cris de malheur envahirent les airs… juste après la porte s’ouvrit, le fils s’arracha et courut dans les escaliers pour glander ensuite dans la cour de l’immeuble, et enfin sous l’emprise de la panique, il prit le chemin de retour et regagna son domicile, il affichait des signes de remord…, les larmes aux yeux et le visage fut maculé de sang et de sueur. Une fois encore, à la genèse de ce processus psychoaffectif, personne parmi les présents ne put porter main forte à cette famille terrorisée par l’émergence fréquente de scènes de violence.   

 

 

Cette fois encore, personne n’a pris la peine d’alerter la police, en fait tout le monde craignait pour sa sécurité, ils ne voulaient pas s’attaquer à ce voisin, ils craignaient une riposte brutale et inopinée de sa part. Pris de colère, il ferait sûrement usage d’une hache ou d’une massette pour leur défoncer le portrait… Après tout ce ne sont pas leur oignons, tout et chacun a des problèmes et des soucis de la vie.

 

Chacun, pour réconforter sa foi, se contentait de critiquer la façon d’agir de ses voisins, cependant personne ne passa à l’acte pour essayer de démystifier le mystère et prêter main d’aide à ladite famille, qui fut sans doute emprisonnée dans l’appartement par force et fut obligée de renoncer à toute tentative d’évasion, et que fuite signifierait mort si cela allait à se produire.

 

Hormis notre bonhomme, seule la mère était autorisée à sortir pour faire les commissions. Ce statu quo demeura sans éventuel changement jusqu'à nouvel ordre. Qui sait, il viendra certainement le jour, une conscience encore vivante d’un autre voisin se manifestera et se révoltera  pour défier la peur et la lâcheté, pour dépoussiérer l’âme faible et si fragile, pour ôter ce fameux masque de civisme, pour enfin soutenir son prochain, pour se livrer à la vraie bataille qui opposera la conscience à l’indifférence, l’intérêt collectif à l’intérêt individuel, la morale à l’amorale, l’homme fort à l’homme faible…, ce moment sera héroïque et mémorable et rappellera le concept de l’être humain. 

 

Quelques jours passèrent, la nuit tombée, une odeur de gaz se faisait sentir dans tout l’immeuble. Les locataires furent affolés et anxieux pour leur salut. Pris de panique ils fermèrent le robinet principal, néanmoins l’odeur persista, le risque fut imminent, la vie des gens se vit sérieusement menacée, la mort vint d’une seule direction, l’odeur du gaz se dégageait de l’appartement du 4eme étage. Cela dit, personne ne trouva le courage au fond de lui pour intervenir, pour inspecter l’appartement de crainte que le souffle l’atteigne si l’explosion se produisit… cette fois il fallait avertir les pompiers, se fut sûrement un acte suicidaire, que le commanditaire fut le fils aîné, des cris gisaient de l’intérieur, les menaces de faire péter tout l’immeuble, de faire taire à jamais les grandes gueules des voisins étaient du jour… Le fils était convaincu qu’il vint le temps pour expédier tout le monde sur voie express en enfer, de purifier ces âmes méchantes, de leur offrir du repos… la scène allait se transformer en purgatoire ou encore incinérateur pour que justice soit rendue.

 

 

A peine une heure passa que les troupes de polices et des pompiers envahirent les lieux, au début ils tentèrent de persuader la famille de quitter l’appartement à l’amiable sans résistance, un négociateur à l’américaine fut désigné pour diligenter l’opération de négociation. Cela dit, les efforts déployés restèrent vains devant l’indifférence totale des occupants… ce qui par la suite incita les forces d’intervention à investir les lieux en lançant un assaut par le toit de l’immeuble, sans se soucier bien sure de la vétusté de l’étanchéité, l’urgence de la situation ne laissa guère l’hésitation pour ce genre de considérations. Des cordes furent lancées telles des lianes et des pompiers alias Tarzan prirent possession de tout l’étage en un clin d’œil. Le territoire tomba sous l’emprise des autorités…

 

 

Le damné bonhomme se tenait debout dans la cuisine, le tuyau de gaz à la main, il tentait désespérément de provoquer une étincelle, qui aurait été sans doute sa dernière action dans cette vie avant d’embraquer tout le monde y compris les cafards dans un voyage sans retour au bord d’une détonation !. La scène fut terrifiante, ça ressemblait au psychodrame et la tournure des faits se montra catastrophique. Les pompiers investirent les lieux telles des araignées, un moment de stupéfaction fut ressenti, après notre triste bonhomme fut immobilisé et anéanti en usant de la force des bras. Ce jour là, une destruction massive et le sacrifice de plusieurs dizaines d’habitants furent effleurés. Il était flagrant que le sujet présentait une psychose, il fut comme sous substances psychodysleptiques… 

 

Une fois mis hors état de nuire, le fils fut rapidement ficelé et on procéda à la recherche des autres occupants de l’appartement… Est-ce que vous pouvez deviner la suite ? .Sûrement pas, l’impensable fut le plat du jour, la maison était toute peinte en rouge sang, sur les murs des images ou photos très violentes de personnes ou de cadavres de massacres et de tueries étaient collées dans un désordre presque parfait, des personnes décapitées, des dépouilles calcinées ainsi que des vieillards et des enfants mutilés et défigurés aux corps incrustés d’éclats.

 

La scène fut d’une violence sans précédant. Qui sont ces gens ?. Est ce des victimes ?. Alors le bonhomme est sans doute un tueur en série, un psychopathe de renommée. Ce sont plutôt des images tirées de la réalité, ce sont les carnages du terrorisme !!!. Arrêtons le temps pour mieux comprendre, les faits et les événements vont tellement vite, personne parmi les présents ne pouvait digérer ce qu’il voyait, c’était trop hard pour des cœurs trop soft. Une seule et unique interrogation tarabustait leur conscient : Qui est ce bonhomme ?. D’où vient-il ?. Pourquoi a-t-il vécu seul presque une année dans l’appartement ?. Que manigance t-il ?. A-t-il des complices ? Sinon œuvre t-il seul ? S’il vous plait donnons une trêve au temps, ma tête va exploser…

 

 

Tout l’appartement s’est vu passer à une fouille minutieuse entamée par des forces de polices en collaboration rapprochée avec d’autres services ; les gens de l’ombre, ils sont engagés pour ce genre de situation, ils sont inconnus, ils sont transparents, ils sont invisibles… Dés que un événement de ce calibre se produit, ils deviennent visibles, ils sont là, ils font le ménage, parfois ils arrangent certains détails et ils partent, c’est la définition même du vrai professionnalisme…

 

Sur les mures des chambres, il ne restait presque plus de place libre, ils se sont vus décorés de papier peint plutôt spécial…,  habiter ce lieu rendrait toute personne complètement givrée, elle présenterai sûrement des troubles psychogènes et se verrait atteinte de schizophrénie.

 

Le fils était le seul occupant, il n’ y avait personne avec lui !. Cela dit, à la grande surprise des spécialistes sur place, ils avaient déniché ça et là les habits qui ont servis pour les déguisements… Oui nous étions devant un cas de « dédoublement de personnalités », plusieurs êtres cohabitent dans l’esprit du fils aîné, il était le fils, la vieille mère, l’épouse, le nouveau-né et invraisemblablement d’autres personnes fictifs et imaginaires crées de toute pièce pour jouer un rôle, le rôle qu’exigeait la scène du jour…

 

De plus, des instruments et appareils électroniques avec des enregistrements de la voie et de la vidéo ont été trouvés et confisqués…

 

 

Devant cette psychogenèse, l’enquête de police démontra les faits suivants : le sujet s’appelle AMAR, il a 38 ans, d’origine Jijilienne, il y a trois ans, son village natal fut envahit par un groupe de terroristes. Ce jour, un carnage eut lieu, Amar réussit à se planter au fond d’un puit pendant que les autres se faisaient massacrer, il assista à quelques scènes choquantes et inédites dans l’ambiance  des cris et hurlements de terreur, il assista contre son gré au massacre de tout le village, à l’extermination de toute sa famille, de son père, sa mère, ses frères et sœurs, de son fils nouvellement né et même les bêtes domestiques n’ont pas été épargnés.  

 

 

L’esprit humain est surprenant, en dépit de tous les traumatismes, comment peut-on prétendre ensuite à une vie normale, même parfois la foi est insuffisante pour inhiber cette grande douleur si Dieu le tout puissant n’enveloppe pas la personne assujettie à de telles tortures physiques et morales de sa clémence et miséricorde pour que cette personne fait preuve de patience.

 

Les séquelles du drame furent apparentes, depuis ce jour, Amar mène une vie familiale imaginaire, autrefois, il possédait des terres et du bétail, mais après que le village fut rasé, les quelques malheureux survivants furent indemnisés. Une part de cet héritage était dépensée dans l’achat d’un appartement à Constantine, l’appartement ou vit Amar, le reste de l’argent était soigneusement mis dans une banque, ce compte alimenté lui permettait de survivre et subvenir aux besoins matériels. Dans ce monde, il y a bien des bienfaiteurs, un avocat, cousin de Amar s’est proposé en tant que tuteur pour devenir responsable légal de la gestion de ses ressources.

 

 

La psychose est une affection mentale caractérisée par une altération profonde de la personnalité et des fonctions intellectuelles et le fait que le sujet n’a pas conscience de son état.

 

Pour la psychiatrie, les psychoses comportent la schizophrénie et la psychose maniaco-dépressive. En psychanalyse, le psychotique est victime d’une expérience vitale remontant à l’enfance au cours de laquelle il n’a pu vivre qu’une relation destructrice avec son entourage.

 

 

Dans le cas de Amar, nous sommes devant deux formes classiques de maladie mentale qui sont la schizophrénie et la dépression, cela dit, la schizophrénie est la plus diabolique des maladies mentales et elle demeure l’un des grands mythes de notre temps, de nos jours elle fait couler beaucoup de salive et d’encre. Est-ce que la schizophrénie est un diagnostic médical ou un verdict moral ?. Personne n’a pu formuler une définition exacte et significative. La schizophrénie est une catégorie générale englobant pratiquement tout ce qu’un être humain peut faire, penser ou ressentir d’inacceptable pour les autres ou pour les schizophrènes eux-mêmes. Il est difficile de la définir objectivement, ainsi les versions données sont plutôt vagues et contradictoires. Selon d’autres, la schizophrénie est simplement le « dédoublement de la personnalité », mais paradoxalement, elle n’est pas la division de la personnalité en parties multiples.

 

On peut dire ainsi que la schizophrénie se définit comme la manifestation de troubles caractéristiques de la pensée, de l’humeur ou du comportement, c’est un désordre mental. Alors peut-on considérer que cette maladie mentale a des causes biologiques ou chimiques ?. Peut-on affirmer que la schizophrénie est une maladie du cerveau, alors est-elle organique ?, ou encore c’est une condition dévastatrice qui implique une dissociation entre les fonctions de la pensée, de l’émotion et du comportement ? Jusqu’à maintenant il n’existe aucune définition universelle acceptée de la schizophrénie.

 

 

La schizophrénie inclut plusieurs types de personnalités largement divergentes. Parmi celles-ci se trouvent les « schizophrènes paranoïdes » qui ont des hallucinations et des illusions avec une tendance à la suspicion et à l’agitation ; les « schizophrènes hébéphréniques » chez lesquels des illusions bien développées sont habituellement absentes ; les « schizophrènes catatoniques » qui ont tendance à être caractérisés par la rigidité, la stupeur et souvent le refus de parler, autrement dit la tendance à rester assis dans un état d’immobilité non-réactive, et les « schizophrènes simples » qui présentent une perte d’intérêt et d’initiative.

 

 

Selon les psychiatres, une personne trop heureuse peut être classée comme schizophrène type « schizo-affectif excité » ou schizose, et de même une personne trop malheureuse est de type « schizo-affectif dépressif ». Alors une personne qui n’affiche ni joie ni tristesse est-elle schizophrène ?, bien sure car présente aucun signe d’expression affective, elle présente un blocage des émotions.  

 

Les gens qui font le va-et-vient entre la joie et la tristesse sont considérés comme personnes maniaco-dépressives, au même titre que les personnes qui souffrent de désordre bipolaire de l’humeur.

 

 

La schizophrénie est un terme si vaste qui couvre une grande variété de types de comportements, que tout le monde à un moment ou autre est considéré comme schizophrène. Les personnes obsédées par certaines pensées ou se sentent contraints d’exécuter certaines actions présentent invraisemblablement un « désordre obsessionnel compulsif » donc classées aussi comme schizophrènes.

 

 

Jusqu’à présent, avec la schizophrénie on a rien de mesurable, à cause de ça la maladie est une source de confusion et de débats, donc, comment peut-on confirmer ou infirmer un diagnostic de la schizophrénie ?. Le mythe de cette maladie est désormais répandu, et la plus part des spécialistes tentent de lui trouver des causes physiques. Pensez-vous qu’on peut attraper la schizophrénie juste après consommation de médicaments néfastes, des neuroleptiques ?. Peut-être en voulant traiter cette maladie on provoquent des dommages irréversibles dans le cerveau, la personne devient alors excentrique, odieuse, imaginative ou mentalement non fonctionnelle pour être classée schizophrène !. Ou encore, la maladie est une réponse à des causes expérimentales et environnementales d’un comportement asocial ou d’une détresse existentielle ?. Enfin l’étiologie de la pathologie de la schizophrénie est inconnue.

 

 

Jusqu’à nouvel ordre demeurera la question posée : Etes-vous ou non schizophrène ?. Personnellement je m’en fout éperdument, l’essentiel que je reste au contrôle de ma vie, je mène une existence ni trop blanche ni trop noire mais nuancée au gris… j’essaye de donner le meilleur de moi-même, j’aspire à contenter Dieu pour finir en beauté, et ce, en consommant ce corps et en le mettant au service de l’âme et de l’esprit, j’essaye tout simplement de vivre ma vie…

 

 

 



[1] Constitution mentale caractérisée par le repli sur soi.

 

 

 

 

 

publié par fergati sofiane publié dans : fergati
Mercredi 18 Avril 2007

La planète des chats

Le règne des félins...

Ecrite le 12 avril 2007

 

 

Quelque part dans un monde ordinaire, là où les jours se ressemblent et se répliquent interminablement et se voient copie conforme à l’originale, tout se déroule normalement dans une routine agaçante, il n’ y a plus grandes choses à évoquer…

 

Pas très loin, dans une ruelle, une maison avec clôture en bois si bien sculptée et des allées en pierre taillée séparent des parcelles de gazon bien astiquées, les balcons et les fenêtres sont garnis de pots de fleurs de multiple couleurs et d’odeurs paradisiaques, c’est le genre d’habitation à acheter chat en poche, le prix de cet endroit ne signifie pas tellement, c’est une merveille architecturale…

 

Dans ce lieu paisible on ne peut prétendre qu’à la tranquillité au milieu d’un silence presque total et incassable.

 

Tout autour de l’habitation des oiseaux sillonnaient les airs et se montraient joyeux et en même temps intrigués. Cet état d’excitation les rendait fragiles et si légers au point de voir leurs petites silhouettes soulevées par la vague de fraîcheur  qui se faisait apprécier ce matin de printemps. Cette image figée symbolisait un monde inhabité ou abandonné, néanmoins l’harmonie et l’organisation de cet espace ne permettaient de plaider cette hypothèse… Les gens qui y habitaient ne pouvaient appartenir qu’à une couche sociale privilégiée voir noble.

 

Durant ce « matching » plutôt cinématographique où tout détail se valorisait dans un décor qui parlait de lui-même pour divulguer les secrets d’une beauté naturelle exceptionnelle… Soudain, une femelle sortit par la porte postérieure du jardin  et s’écria : « Minou, Minou ou es-tu ?, ce n’est pas le moment de dormir, allez montre-toi, ton père a besoin que tu l’aide à nettoyer les poissons, à écorcher les sardines pour préparer le dîner … »

 

 

Minou, ce petit fainéant dormait encore sous le figuier, il faisait toujours ses dix-huit heures de sommeil, il préférait dormir le jour et veiller la nuit, ses vibrisses lui indiquaient la proximité d’obstacles, il avait une activité crépusculaire nocturne, aidé par ses yeux très sensibles il partait à la chasse, cela lui permettait de dégourdir les pattes dans des poursuites, celles où il guettait un oiseau sans défense, à défaut d’endurance dans la course, il opta pour la technique de chasse mettant en avant ses facultés de camouflages conférées par son pelage, il avança le près possible de sa proie sans se faire repérer, l’observa silencieusement et au moment opportun, il se jeta sur sa victime pour l’immobiliser et la mordit au cou.

 

Il faut appeler un chat un chat, Minou avait une faiblesse voir il était friand de poisson mais sa grande phobie de l’eau le désintéressait…, après tout il n’y a pas de quoi fouetter un chat puisque la nourriture se faisait abondante, ainsi notre jeune prédateur avait l’embarras du choix, de temps à autre il se régalait en dégustant de la sardine.

 

 

Parfois, quand Minou fut rassasié il devint surexcité, il préférait jouer avec ses frères et sœurs, les liens de fratrie étaient tellement forts, les scènes de jeu furent admirables et si émotives mais quelques fois sanglantes quand des intrus venaient s’approprier le territoire.  Minou était de nature très indépendante, il se promenait seul, il aimait le contact, surtout sa famille le réconfortait, il rodait tout le temps autour de la maison, comme si il protégeait son territoire, il était de nature plutôt sociale.

 

Contrairement à Pitchou, ce petit révolté adoptait un comportement hyperactif et passablement désagréable, il était en quête de caresses, de frottements, de roulades sur le sol, et poussait des miaulements stridents pour signaler son état de chaleur, il émettait des jets d’urine très odorants pour marquer son territoire, ses terminaux olfactifs lui permettent de distinguer les autres territoires, il montra une grande force et s’apprêta à se battre contre d’autres prétendants si besoin était, il se négligeait en se désintéressant à la nourriture, il devint maigre et fut adepte de l’anorexie, ce qui multiplia les risques de maladies et de contamination de tous genres, il avait le coryza[1].

 

La période de rut se faisait sentir, à chaque fois il ne put sortir cliniquement indemne des expériences d’accrochages violentes face à d’autres jeunes males en vue de séduire une femelle, il fut totalement  accaparé par l’instinct de la fécondation, Pitchou était très nerveux, désorienté et démissionnaire par rapport à la vie. Ses parents pensèrent sérieusement à le châtrer mais ils savaient pertinemment que la castration était plutôt semblable à la mutilation, un acte irréversible rendrait Pitchou  malheureux car diminué. Pitchou était de nature très bizarre voir aliéné, il fut l’exception de toute la portée.

 

 

Sur le toit, Papichou et Micha se livrèrent à « jouer à chat », leur miaulement saccadé s’entendit de la maison, ils sautillaient du toit à l’arbre, et ne se lassaient point de ce jeu grotesque mais combien amusant.

 

De temps à autre Papichou s’isolait dans la nature derrière un petit arbre, juste avant il raffolait de friandise et maintenant vint le temps pour s’en en débarrasser , il se livra à un besoin naturel, qu’il recouvra ensuite de terre, en grattant avec ses pattes avant, pour éviter de faire repérer son odeur éventuellement par un autre prédateur, c’est quasiment instinctive, on le lui avait inculqué  durant son jeune age, heureusement qu’il n’était pas de nature sédentaire, sinon toute la maison serait infestée.

 

Durant l’absence fréquente et répétée de notre jeune félin, Micha ne restait pas oisive « elle avait d’autres chats à fouetter… », elle se maintenait belle… elle prenait souvent soin de ses griffes rétractiles, elle était d’une grande classe et se montrait très prometteuse, elle aurait sûrement un avenir dans la mode et le mannequinât, c’était une jeune chatte métisse de race supérieure, son père un chat angora d’origine persane, tant disque sa mère, une siamoise venue autrefois des terres lointaines du SIAM[2].

 

Malheureusement, Micha présentait une hypotrophie[3], ce qui lui faisait défaut, et portait préjudice quant à sa future carrière professionnelle, et ce, malgré la prescience de sa grand-mère, qui lui avait prédit beaucoup de bonheur et réussite… mais après tout ce ne guère un désastre, Micha montra pleins de talents ce qui lui permettrait de rêver d’un avenir glorieux parmi la société féline.

 

 

Dans le grand salon, juste à coté de la cheminée se tint le grand maître des lieux, le protecteur et le propriétaire de cette énorme fortune… Oui, notre chat angora se faisait très respectueux et très respectable de la part de toute la communauté. Souvent des félins, même d’ailleurs, venaient lui porter leurs plaintes en vue d’un jugement qui se dit loyal, ainsi tous les verdicts étaient admis sans rouspétance. Ces inquisitoires étaient irréprochables aux injures et aux parjures, et parfois on assistait même à des sentences de mort, d’expatriation ou d’extradition,  quand les charges retenues étaient graves et pesantes, parfois le pardon fut impossible…

 

 

Dans la salle, pendant le jugement les ronronnements des chats accusés se faisaient entendre,. Ce mouvement mettant en jeu la glotte, le larynx et certains muscles produit les vibrations sonores de tout le corps, cela traduisait nettement l’état de souffrances du sujet, et dévoilait le stress et la grande crainte du jugement… Eh ben oui, le bonheur des uns fait le malheur des autres, juste de l’autre coté de la salle, d’autres ronronnements se faisaient aussi entendre en guise de bonheur, d’un certain plaisir de voir la justice prendre le dessus ou encore ces vibrations furent simplement un mouvement réparateur des organes des félins suite à la fatigue occasionnée par les séances interminables du tribunal.  

 

Certains chats chanceux sortent de ces expériences ou jugements sans séquelles, ils seront simplement mis en détention dans des cages, et seront privés de nourriture pendant quelques jours, après une liberté provisoire à leur égard sera prononcée, ainsi il bénéficieront d’un sursis et s’acquitteront d’une pénalité à payer…la justice se montra sévère afin que les condamnés servent d’exemples de l’application stricte et équitable de ladite loi dans la société féline. 

 

 

Les chats sont des animaux capricieux, propres et surtout rituels, ils apprécient bien les situations récurrentes, ils aiment manger à des moments fixes de la journée, ils n’aiment pas changer d’environnement, ainsi les chats expatriés subiront une expérience traumatisante.

 

 

Les femelles chattes armées de grande prouesse, elles s’occupaient inlassablement de leurs jeunes enfants, elles déployaient beaucoup d’amour et d’affection dans l’accomplissement de leur devoir vis-à-vis de leur descendance, à commencer par l’allaitement en mettant leurs tétons au service de toute la portée, et parfois elles procédaient au démêlage quotidien de leurs fourrure à l’aide de brosses et de peignes, pour éviter la formation de nœuds dans le pelage. Les séances de démêlage s’opéraient à contre volonté, à cause des douleurs procurées aux petits. Parfois, les miaulements intempestifs se firent ressentir, au point que le chat souffrant souhaitait être un lynx alias chat-nu afin qu’il soit exempt de ces tortures.

 

Les femelles se gardaient la tache de l’esclave, elles devaient s’occuper de leurs portées, elles avaient à préparer la nourriture, à faire toutes les taches ménagères, d’assister les males dans leurs activités quotidiennes… elles étaient invraisemblablement le nègre de la société, cependant elles étaient de taille et connaissaient au détail près les missions qu’incombent à une mère dans n’importe qu’elle population de mammifères. 

 

En plus, les femelles éduquaient les petits et leur inculquaient les règles nécessaires à leur survie et principalement aux jeunes chattes en les préparant aux accouplements qui se voyaient imminents sachant que la période de rut coïncide avec le printemps et l’automne. La jeune femelle devra diriger son choix sur un jeune male poli, bien éduqué, issu d’une famille noble et notable, un Félis cattus[4] responsable et soucieux de sa progéniture, et non sur un chat errant sans domicile fixe incapable de subvenir aux besoins quotidiens de sa famille. 

 

 

Après les séances de travail, notre male prédateur, le persan angora se fit servir du thé dans le salon, le journal à la patte antérieure, il sillonnait les nouvelles du monde qu’il vénérait tant, il ne s’intéressait qu’au pouvoir et qu’à l’argent, il s’en foutait de la vertu et des principes moraux, il braderait sa mère pour un sou de plus…

 

Les émissions de télévision évoquaient les évènements d’un monde dépourvu de valeurs, un monde à effacer et à oublier tellement qu’il fut misérable.

 

Oui, les quelques humains qui survécurent furent harcelés, matraqués, opprimés, sellés et enchaînés dans les prisons qui ressemblent plus à des camps de concentration, leur seul et unique crime fut celui de lutter contre la corruption, le vol, le viole, l’arnaque, l’escroquerie,  et toutes formes de magouilles, en aucun cas il ne voulaient baisser les bras, ils refusaient de s’aligner pour soutenir le concept du nouveau monde qui tolère et encourage les pratiques indignes et funestes pour la race humaine.

 

Dans ce nouveau monde, la population des chats s’est accrue, à chaque instant des humains se reconvertissent en chats, leur seul motivation est le pouvoir, l’argent et d’autres atouts afin d’assouvir les plaisirs qu’ils avaient tant conquis. Ces humains qui bradent leurs âmes pour des prix aussi dérisoires, aussi bas, aussi mesquins… Ils préfèrent se convertir en félins plutôt que de subir les angoisses de l’être intelligent et divin que Dieu a délégué sur terre…, cette félinité en progression galopante fit de l’homme, cet être supérieur, un être misérable, non pas parce qu’il devint félin mais surtout parce qu’il renonça à sa mission divine, il abandonna sa suprématie pour rejoindre une race dirigée par son instinct, une race à l’origine créée pour être plus au moins au service de l’homme, l’accompagner et l’aider à réussir et à honorer sa mission…

 

 

Notre respectable persan angora fut autrefois un grand homme, un politicien dévoué à sa patrie, il fut bourré de principes et de moralité, il soutenait la vertu et contribuait à la promotion de sa race, il fut convoité par son entourage, tous ses semblables le vénéraient et rêvaient de s’approprier de sa grande personnalité. Seulement attention à la vanité, premier péché qui coûta à notre père Adam son exclusion du paradis, voila que dans un instant de faiblesse exprimé par l’aspiration à l’immortalité et au règne sur un trône inégalable, le diable trouva la faille vers son âme et le dupa…

 

 

Le jeu à chat devient le jeu de société par enchantement, ce jeu de poursuite dans lequel un des joueurs, le chat, poursuit et touche un autre chat, qui devient chat à son tour… selon cette stratégie une grande population est contaminée et se transforme en félins. Ce petit carnivore de moins de 10Kg, nourrit par son instinct et stimulé par ses fantasmes, un prédateur qui court des risques dans sa lutte interminable pour la survie. Alors cette mutation est-elle vraiment nécessaire ?. Nous venons de connaître le jeu mais quel serait l’enjeu ?. Ce n’est même pas la peine d’en parler…

 

Qu’elle était la contrepartie versée ou accordée à notre grand politicien pour le convaincre de renoncer à ses valeurs ?. Il était notable et très convoité dans sa société, il avait le pouvoir, l’argent et l’estime des autres, et voila en un moment de faiblesse, il se prit pour Dieu à définir le gagne-pain des autres, il s’est cru infaillible, à décider de l’avenir et du devenir des gens faibles et nécessiteux en quête d’un boulot, d’un foyer ou d’un revenu stable, en un mot, en quête d’une vie décente… les gens parmi les pauvres et les diminués qui se font de plus en plus nombreux.

 

 

La vanité est un péché capital, vouloir prendre la place de Dieu est une audace abominable, là où la créature aspire à détrôner le créateur, là où l’élément défit la machine qui est à la base de son existence, là où le fini rivalise avec l’infini…   

 

Se prendre pour Dieu est une perversion et une grande aberration que même l’esprit humain se voit incapable d’admettre, mais en s&